Le jour où j'ai fait connaissance avec mon voisin
Hier soir, 23h.
Fatiguée, je décide qu'il est temps d'aller dormir.
C'était sans compter sur le goût prononcé d'un de mes voisins du dessus pour faire la fiesta avec ses potes.
Ils m'avaient déjà fait le coup le mois dernier en me réveillant à 3h du mat', en semaine, par leurs tentatives désastreuses de chanter en suivant leur musique à fond les décibels, ce qui avait finalement pour rendu les braillements hystériques de mâles à moitié bourrés. J'avais fini par m'endormir vers 5h du matin en me jurant de mettre un mot dans la boîte aux lettres de mes voisins leur expliquant les règles de respect, chose que je n'ai finalement pas faîte en me disant que ça irait pour cette fois. Bonté et naïveté quand tu nous tiens.
Hier soir ils ont décidé de remettre le couvert : 23h, j'entends un petit groupe qui discute et rigole fort dans la cage d'escaliers, rallumant sans arrêt la lumière des communs qui donne sur ma chambre. Ils finissent au bout de longues minutes par rentrer dans l'appart. S'en suit la musique à fond, fenêtre de leur chambre ouverte, des hurlements et beuglements en tous genre.
"Calme-toi, n'y vas pas, tu es toute seule, c'est dangereux. Suffit que tu tombes sur un type à moitié bourré, manquerait plus que tu te fasses aggresser".
J'ouvre la fenêtre de ma chambre et leur hurle de baisser d'un ton. Bien sûr, vu le boucan qu'ils font ils n'entendent strictement rien.
Je commence à prier intérieurement pour que ce bordel ne dure pas toute la nuit.
A 1h du matin, j'entends une bande dévaler les escaliers avec autant de discretion qu'un troupeau d'éléphants.
La porte d'entrée claque.
Silence.
Je vais enfin pouvoir m'endormir. Ce qui n'aura lieu que vers 2h, vu mon état d'énervement avancé.
Ce matin, 7h20. Le réveil sonne.
Je suis complètement claquée et sur les nerfs.
Je me prépare puis monte de pied ferme au 2e étage, histoire de tirer du lit ce petit con (pour la petite histoire, il n'y a que 3 apparts dans l'immeuble et j'habite au 1er étage).
Je frappe. La porte s'ouvre sur un grand rastaman.
Je lui demande froidement si c'est lui qui a fichu le bordel hier soir.
Il répond que non, qu'il a une gastro terrible, qu'il est tout seul et qu'il s'est couché à 19h hier soir.
Oups.
Je me radouçis et m'excuse de l'avoir dérangé.
Je monte au 3e étage.
Je frappe fort une fois.
Pas de réponse.
Je tambourine une 2e fois.
Un jeune d'une vingtaine d'année vient m'ouvrir. Il est torse nu, pas épais et visiblement a la tête de quelqu'un qu'on vient de tirer du lit.
Je savoure ma vengeance.
"- Je suis votre voisine du 1er étage, vous avez foutu le bordel hier soir avec vos potes et à cause de vous j'ai rien dormi cette nuit.
-...heu...ah....ben fallait venir nous le dire......
- (non mais il se fout de moi - je hausse le ton) NON j'allais pas me lever pour venir vous voir. Et j'attends des excuses !
- (petite voix)...excusez-nous d'avoir fait du bruit hier soir...
- Ok, je pense que j'ai été claire. Si ça se reproduit, la prochaine fois ça sera les flics direct."
Je tourne les talons et me casse.
On aura au moins un point commun tous les deux : celui d'avoir peu dormi cette nuit.
P'tit con va.