La poste
La Poste, véritable moment de bonheur pour tous.
Une anecdote perso ? Ok, j'vous raconte.
Samedi dernier, le facteur passe me livrer un paquet : comme je suis absente, il me laisse le fameux avis de passage m'invitant à me rendre dans mon bureau de poste.
En rentrant chez moi et comme tous les jours, je retrouve l'avis de passage par terre, derrière la porte d'entrée de mon immeuble. Oui parce que mon facteur ne prend pas la peine de distribuer le courrier dans les boîtes aux lettres : il le fait glisser sous la porte d'entrée du hall et les locataires se chargent de faire le tri.
J'attends avec plaisir qu'il vienne mendier une étrenne pour Noel.
Donc je me rends à la Poste située à 2 minutes à pieds de chez moi. Je pars 20 minutes avant mon arrivée au boulot, histoire d'avoir suffisamment de marge pour être à l'heure.
J'arrive dans le hall : trois personnes avant moi dans la file d'attente et deux guichets ouverts.
On est mal.
Cinq minutes passent. Toujours trois personnes avant moi.
Je commence à me dire que je suis une fille beaucoup trop optimiste et que prendre 20 minutes pour aller chercher un paquet, c'est pas encore assez pour la Poste dont la productivité à l'heure doit avoisiner le 0 absolu.
Devant moi un type d'environ cinquante ans, type ouvrier alcolo, bougonne, soupire et râle à voix haute sur la lenteur des postières et du temps que met la cliente au guichet à faire ses affaires.
Deux minutes passent encore.
La cliente lente a fini, c'est au tour du râleur. Sauf que la cliente ne semble pas avoir apprécié les bougonnements du type et se met à lui aboyer dessus. Elle part en lui disant ce qu'elle pense de son comportement.
Moi derrière, je suis partagée entre l'envie de me marrer devant cette scène grotesque et l'envie de dire à cette bonne femme que c'est pas non plus la peine d'en rajouter, vous voyez bien madame que ce monsieur est plutôt simple et qu'il n'a rien contre vous personnellement, c'est juste un pauvre type qui ne se rend pas compte qu'il pense tout haut.
J'attends encore 2 minutes, c'est rapide pour l'alcolo. La guichetière a surement envie de s'en débarrasser rapidement.
C'est mon tour : je présente en souriant mon bordereau à la guichetière.
Je commence à la connaître un peu celle là : la cinquantaine, cheveux blonds au carré avec une petite frange, bouille aux joues rondes, lunettes noires arrondies, elle parle avec une toute petite voix. Je l'appelerai Bernadette. Ca lui va bien, ça, Bernadette.
Donc Bernadette est très gentille et toujours souriante. Le problème, c'est qu'elle est totalement nulle.
Je lui présente mon bordereau en souriant. Je sens que je vais avoir droit à un nouveau numero digne des compétences reconnues de la Poste.
En voyant mon bordereau, on dirait presque que je demande la lune à Bernadette : elle se met à parler toute seule, va voir dans un classeur où sont inscrits les avis de passage des facteurs, ne trouve pas le numero de mon paquet et ça c'est vraiment formidable quand même, normalement ils inscrivent toujours dans le classeur mais là non, c'est bizarre, ya pas le nom. Bernadette retourne s'asseoir devant l'ordi en continuant à parler toute seule, pianote pour essayer de retrouver où peut-être ce fichu paquet et non il n'est pas enregistré dans l'ordi, c'est quand même formidable, bon on va regarder une deuxième fois dans le classeur. Bernadette tourne les pages et me demande de regarder avec elle pour voir si je ne vois pas mon nom.
L'espace d'une seconde j'hésite à lui demander si elle ne veut pas que j'aille carrément derrière le comptoir pour faire le boulot à sa place.
Puis Bernadette repart et va dans la pièce où sont stockés les paquets en disant qu'elle va essayer de le trouver en cherchant au hasard et me demande qu'elle est la taille approximative du paquet et comment est l'emballage. Je l'entends parler toute seule dans la pièce d'à côté et hésite une seconde fois à ne pas aller fouiller les colis avec elle.
Sept bonnes minutes passent. Je croise le regard d'un jeune homme qui assiste à la scène. Il me sourit en levant les yeux au ciel. On se comprend.
Revoilà Bernadette. Les mains vides.
Elle relit le bordereau laissé sur son bureau et voit que aaaaaah mais d'accord c'est une lettre suivie alors il doit être dans la rubrique lettres suivies, et vas-y que je repianote sur l'ordi et que je repars dans la pièce où sont stockés les colis.
Oui ma chère Bernadette c'est une lettre suivie et c'est marqué sur le bordereau que je t'ai donné à la seconde où je suis arrivée devant ton guichet, tu sais ce bordereau qui contient environ cinq informations et oh incroyable ya inscrit "lettre suivie" avec une petite croix cochée à côté, ça veut dire que c'est une lettre suivie et pas un colissimo de 20 kg.
Bernadette me tend mon petit paquet et me demande étonnée pourquoi le facteur ne l'a pas mis directement dans ma boîte aux lettres puisque le format passe facilement dans le volet de la boîte.
A ce moment précis, j'ai failli lui hurler que ce gros flemmard de facteur n'a pas mis la lettre dans ma boîte car comme tous les jours il ne prend pas la peine de faire le boulot pour lequel il est payé parce que c'est trop fatiguant de tourner la clé dans une porte et qu'il est aussi incompétent qu'elle et que c'est pas étonnant que la Poste ait une image aussi merdique auprès du grand public.
Mais comme je suis polie, j'ai souri et lui ai dit que la lettre ne devait sûrement pas passer dans le volet de la boite.
Et je suis arrivée au boulot avec 10 minutes de retard.
Sacrée Bernadette va.
Une anecdote perso ? Ok, j'vous raconte.
Samedi dernier, le facteur passe me livrer un paquet : comme je suis absente, il me laisse le fameux avis de passage m'invitant à me rendre dans mon bureau de poste.
En rentrant chez moi et comme tous les jours, je retrouve l'avis de passage par terre, derrière la porte d'entrée de mon immeuble. Oui parce que mon facteur ne prend pas la peine de distribuer le courrier dans les boîtes aux lettres : il le fait glisser sous la porte d'entrée du hall et les locataires se chargent de faire le tri.
J'attends avec plaisir qu'il vienne mendier une étrenne pour Noel.
Donc je me rends à la Poste située à 2 minutes à pieds de chez moi. Je pars 20 minutes avant mon arrivée au boulot, histoire d'avoir suffisamment de marge pour être à l'heure.
J'arrive dans le hall : trois personnes avant moi dans la file d'attente et deux guichets ouverts.
On est mal.
Cinq minutes passent. Toujours trois personnes avant moi.
Je commence à me dire que je suis une fille beaucoup trop optimiste et que prendre 20 minutes pour aller chercher un paquet, c'est pas encore assez pour la Poste dont la productivité à l'heure doit avoisiner le 0 absolu.
Devant moi un type d'environ cinquante ans, type ouvrier alcolo, bougonne, soupire et râle à voix haute sur la lenteur des postières et du temps que met la cliente au guichet à faire ses affaires.
Deux minutes passent encore.
La cliente lente a fini, c'est au tour du râleur. Sauf que la cliente ne semble pas avoir apprécié les bougonnements du type et se met à lui aboyer dessus. Elle part en lui disant ce qu'elle pense de son comportement.
Moi derrière, je suis partagée entre l'envie de me marrer devant cette scène grotesque et l'envie de dire à cette bonne femme que c'est pas non plus la peine d'en rajouter, vous voyez bien madame que ce monsieur est plutôt simple et qu'il n'a rien contre vous personnellement, c'est juste un pauvre type qui ne se rend pas compte qu'il pense tout haut.
J'attends encore 2 minutes, c'est rapide pour l'alcolo. La guichetière a surement envie de s'en débarrasser rapidement.
C'est mon tour : je présente en souriant mon bordereau à la guichetière.
Je commence à la connaître un peu celle là : la cinquantaine, cheveux blonds au carré avec une petite frange, bouille aux joues rondes, lunettes noires arrondies, elle parle avec une toute petite voix. Je l'appelerai Bernadette. Ca lui va bien, ça, Bernadette.
Donc Bernadette est très gentille et toujours souriante. Le problème, c'est qu'elle est totalement nulle.
Je lui présente mon bordereau en souriant. Je sens que je vais avoir droit à un nouveau numero digne des compétences reconnues de la Poste.
En voyant mon bordereau, on dirait presque que je demande la lune à Bernadette : elle se met à parler toute seule, va voir dans un classeur où sont inscrits les avis de passage des facteurs, ne trouve pas le numero de mon paquet et ça c'est vraiment formidable quand même, normalement ils inscrivent toujours dans le classeur mais là non, c'est bizarre, ya pas le nom. Bernadette retourne s'asseoir devant l'ordi en continuant à parler toute seule, pianote pour essayer de retrouver où peut-être ce fichu paquet et non il n'est pas enregistré dans l'ordi, c'est quand même formidable, bon on va regarder une deuxième fois dans le classeur. Bernadette tourne les pages et me demande de regarder avec elle pour voir si je ne vois pas mon nom.
L'espace d'une seconde j'hésite à lui demander si elle ne veut pas que j'aille carrément derrière le comptoir pour faire le boulot à sa place.
Puis Bernadette repart et va dans la pièce où sont stockés les paquets en disant qu'elle va essayer de le trouver en cherchant au hasard et me demande qu'elle est la taille approximative du paquet et comment est l'emballage. Je l'entends parler toute seule dans la pièce d'à côté et hésite une seconde fois à ne pas aller fouiller les colis avec elle.
Sept bonnes minutes passent. Je croise le regard d'un jeune homme qui assiste à la scène. Il me sourit en levant les yeux au ciel. On se comprend.
Revoilà Bernadette. Les mains vides.
Elle relit le bordereau laissé sur son bureau et voit que aaaaaah mais d'accord c'est une lettre suivie alors il doit être dans la rubrique lettres suivies, et vas-y que je repianote sur l'ordi et que je repars dans la pièce où sont stockés les colis.
Oui ma chère Bernadette c'est une lettre suivie et c'est marqué sur le bordereau que je t'ai donné à la seconde où je suis arrivée devant ton guichet, tu sais ce bordereau qui contient environ cinq informations et oh incroyable ya inscrit "lettre suivie" avec une petite croix cochée à côté, ça veut dire que c'est une lettre suivie et pas un colissimo de 20 kg.
Bernadette me tend mon petit paquet et me demande étonnée pourquoi le facteur ne l'a pas mis directement dans ma boîte aux lettres puisque le format passe facilement dans le volet de la boîte.
A ce moment précis, j'ai failli lui hurler que ce gros flemmard de facteur n'a pas mis la lettre dans ma boîte car comme tous les jours il ne prend pas la peine de faire le boulot pour lequel il est payé parce que c'est trop fatiguant de tourner la clé dans une porte et qu'il est aussi incompétent qu'elle et que c'est pas étonnant que la Poste ait une image aussi merdique auprès du grand public.
Mais comme je suis polie, j'ai souri et lui ai dit que la lettre ne devait sûrement pas passer dans le volet de la boite.
Et je suis arrivée au boulot avec 10 minutes de retard.
Sacrée Bernadette va.
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