Et si....?
Je sais pas si je vous ai déjà dit que j'avais horreur de regretter. Je crois pas non.
Ben voilà, j'ai horreur de regretter. D'avoir pesé le pour et le contre et de me dire "Zut flûte, j'aurais dû le faire/ne pas le faire".
Et c'est le sentiment que j'ai ce matin, après mon retour de Lille hier soir. J'aurais peut-être dû le faire, même si c'était sûrement trop indécent, trop direct, trop déplacé.
Faire quoi?
Lui donner mon numéro.
A qui?
Au garçon brun assis deux sièges devant moi, dans la TGV.
Il est monté dans le train à Paris, je crois. Je l'ai vu s'asseoir face à moi, sauf qu'il y avait ce maudit siège entre nous qui nous séparait et m'empêchait de le voir.
Je l'ai vu me regarder, détourner les yeux puis me regarder à nouveau. Mais on ne pouvait pas se voir à cause du maudit mec assis sur le maudit siège qui nous séparait, et qui a eu la bonne idée de lire une de ces conneries de magazine pipole en l'ouvrant en hauteur, juste devant l'espace vide de quelques centimètres de large entre les deux sièges.
4 heures passent. Longuement.
On arrive à Angoulême. Je prie mon ange gardien pour que mon inconnu descende au prochain arrêt.
Je le vois qui se prépare à se lever.
"Merci ptit ange".
Je me lève avant lui, demandant de l'aide à mon voisin pour descendre ma lourde valise.
"Je SAIS que tu me regardes"
Il se lève juste après moi et me suis vers la porte de sortie.
Je suis dans le mini-hall d'attente avec deux femmes, un papy et une mamie aaccompagnés de leurs deux petits enfants d'environ 7 ans. Mon inconnu est à la porte d'entrée du wagon qu'il a bloquée à l'aide du bouton d'ouverture prolongée.
"Je SAIS que tu me regardes et que je te plais."
Les deux gamins rigolent, posent des questions à leurs grands-parents. Ils me rappellent mon enfance et mes vacances chez mes grands-parents à moi. Ils me font sourire.
L'un d'eux va voir mon bel inconnu en lui demandant comment marche la porte, pourquoi il y a deux boutons d'ouverture.
Il est amusé et leur répond avec un sourire vraiment...enfin, un sourire quoi.
"Et en plus il est adorable... je peux pas le laisser partir comme ça, il faut que je le revoie. Damned, il me regarde encore..."
L'un des gamins manque de me tomber dessus et s'excuse poliment, je lui réponds en souriant.
"Bordel, je peux quand même pas lui parler ici...non, il doit avoir une copine toute façon. Et puis je vais passer pour une fille sûre d'elle et facile"
Le train s'arrête. Les grands-parents et les gamins descendent.
J'attends, il attend aussi. On se regarde.
Je lui souris : "vas-y"
"Non non, vas-y je t'en prie"
"Merci"
"Allez stp, parle-moi, demande moi n'importe quoi mais parle moi."
Je suis sur le quai et je pars. J'hésite à me retourner pour le voir. Je ne le fais pas. Ca serait trop voyant.
Je pars sans me retourner, sans le revoir et sans qu'il ne soit venu. On reprend nos vies chacun de notre côté.
Hier soir, avant de m'endormir, j'ai eu l'image de cette publicité où un garçon et une fille se croisent dans un train et s'échangent leurs numéros l'espace d'une seconde. On les voit 10 ans plus tard avec un petit garçon.
Et aujourd'hui je ne peux pas m'empêcher de me dire "Et si....?".
Et si j'avais osé lui parler? Lui demander de le revoir?
Peut-être qu'il m'aurait dit non, qu'il a quelqu'un dans sa vie, qu'il aurait pensé que je ne manque pas d'audace. Peut-etre que ça ne lui aurait pas plu que je sois si directe.
Mais peut-être qu'il attendait lui aussi? Qu'il n'a pas osé non plu? Qu'on se serait revus et que ça aurait marché? Peut-etre pas du tout, mais au moins on aurait essayé, non?
Font chier ces principes à la con.
Ben voilà, j'ai horreur de regretter. D'avoir pesé le pour et le contre et de me dire "Zut flûte, j'aurais dû le faire/ne pas le faire".
Et c'est le sentiment que j'ai ce matin, après mon retour de Lille hier soir. J'aurais peut-être dû le faire, même si c'était sûrement trop indécent, trop direct, trop déplacé.
Faire quoi?
Lui donner mon numéro.
A qui?
Au garçon brun assis deux sièges devant moi, dans la TGV.
Il est monté dans le train à Paris, je crois. Je l'ai vu s'asseoir face à moi, sauf qu'il y avait ce maudit siège entre nous qui nous séparait et m'empêchait de le voir.
Je l'ai vu me regarder, détourner les yeux puis me regarder à nouveau. Mais on ne pouvait pas se voir à cause du maudit mec assis sur le maudit siège qui nous séparait, et qui a eu la bonne idée de lire une de ces conneries de magazine pipole en l'ouvrant en hauteur, juste devant l'espace vide de quelques centimètres de large entre les deux sièges.
4 heures passent. Longuement.
On arrive à Angoulême. Je prie mon ange gardien pour que mon inconnu descende au prochain arrêt.
Je le vois qui se prépare à se lever.
"Merci ptit ange".
Je me lève avant lui, demandant de l'aide à mon voisin pour descendre ma lourde valise.
"Je SAIS que tu me regardes"
Il se lève juste après moi et me suis vers la porte de sortie.
Je suis dans le mini-hall d'attente avec deux femmes, un papy et une mamie aaccompagnés de leurs deux petits enfants d'environ 7 ans. Mon inconnu est à la porte d'entrée du wagon qu'il a bloquée à l'aide du bouton d'ouverture prolongée.
"Je SAIS que tu me regardes et que je te plais."
Les deux gamins rigolent, posent des questions à leurs grands-parents. Ils me rappellent mon enfance et mes vacances chez mes grands-parents à moi. Ils me font sourire.
L'un d'eux va voir mon bel inconnu en lui demandant comment marche la porte, pourquoi il y a deux boutons d'ouverture.
Il est amusé et leur répond avec un sourire vraiment...enfin, un sourire quoi.
"Et en plus il est adorable... je peux pas le laisser partir comme ça, il faut que je le revoie. Damned, il me regarde encore..."
L'un des gamins manque de me tomber dessus et s'excuse poliment, je lui réponds en souriant.
"Bordel, je peux quand même pas lui parler ici...non, il doit avoir une copine toute façon. Et puis je vais passer pour une fille sûre d'elle et facile"
Le train s'arrête. Les grands-parents et les gamins descendent.
J'attends, il attend aussi. On se regarde.
Je lui souris : "vas-y"
"Non non, vas-y je t'en prie"
"Merci"
"Allez stp, parle-moi, demande moi n'importe quoi mais parle moi."
Je suis sur le quai et je pars. J'hésite à me retourner pour le voir. Je ne le fais pas. Ca serait trop voyant.
Je pars sans me retourner, sans le revoir et sans qu'il ne soit venu. On reprend nos vies chacun de notre côté.
Hier soir, avant de m'endormir, j'ai eu l'image de cette publicité où un garçon et une fille se croisent dans un train et s'échangent leurs numéros l'espace d'une seconde. On les voit 10 ans plus tard avec un petit garçon.
Et aujourd'hui je ne peux pas m'empêcher de me dire "Et si....?".
Et si j'avais osé lui parler? Lui demander de le revoir?
Peut-être qu'il m'aurait dit non, qu'il a quelqu'un dans sa vie, qu'il aurait pensé que je ne manque pas d'audace. Peut-etre que ça ne lui aurait pas plu que je sois si directe.
Mais peut-être qu'il attendait lui aussi? Qu'il n'a pas osé non plu? Qu'on se serait revus et que ça aurait marché? Peut-etre pas du tout, mais au moins on aurait essayé, non?
Font chier ces principes à la con.
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