Samedi soir, c'est patinoire
Samedi 11 février, 21h. Je pose les lames de mes patins sur la glace de la toute nouvelle patinoire d'Angoulême.
Après pratiquement deux années sans avoir mis les pieds sur une piste, j'ai l'impression de faire mes premiers pas.
Je commence doucement, histoire me familiariser avec cette masse glacée, à la fois amie me procurant sensations et plaisirs, et ennemie potentiellement coupable d'une douloureuse chute. Je suis hésitante, mes patins vacillent. "Doucement bon sang, vas-y doucement. Toujours se pencher légèrement en avant".
Je fais un tour, deux tours, cinq tours, je m'arrête, je recommence. Au fil des minutes mes patins et mon corps semblent apprivoiser ce corps lisse et froid, retrouvant mes anciennes aptitudes. Les lames n'accrochent plus, elles glissent délicatement et fermement sur la masse blanche et gelée.
Au son d'une musique techno et à la lumière de spots multicolores, je suis dans une boîte de nuit glacée.
Au bout d'une heure et demi, mon patinage n'a plus rien à voir avec celui de mon arrivée. J'accélère, je croise les patins dans les virages, je tourne, ralentis et réaccélère. Je sens les patins frotter sur ma peau et des ampoules se former, ma peau n'étant plus habituée au contact répété du plastique dur et malgré mes deux paires de chaussettes épaisses. Qu'importe, je continue à glisser, m'envoler, les joues rouges, le sourire aux lèvres. Je m'arrête seulement lorsqu'une voix infome les aimables patineurs que la piste va fermer ses portes : il est déjà 23h30.
C'était bon.