J'vous raconte pourquoi.
Parti deux jours en Bourgogne pour une réunion nationale, il avait fait le trajet Angoulême-Limoges en bagnole puis laissé sa caisse à Limoges pour partir avec un collaborateur en co-voiturage. Collaborateur qui, en passant, s'avère être mon ancien dirlo que je regrette amèrement.
Avant d'entrer dans l'intrigue pure de l'histoire, faut que vous sachiez que mon nouveau dirlo a un véritable penchant pour la bouteille, et j'exagère pas. A titre d'exemple, je l'ai déjà vu à moitié bourré après une soirée festive, en costard cravate, dévalant les rues d'Avignon sur un nouveau prototype de vélo.
Un vrai sketch. J'vous dit, c'est un boulet.
Je mettrais donc ma main au feu que cette réunion en Bourgogne a dû faire l'objet d'une soirée particulièrement arrosée. Ce qui a eu pour conséquence que mon boulet de directeur perde ses clés de bagnole.
Et qu'il m'appelle vendredi soir à 17h parce qu'il était grave dans la panade, en me demandant, penaud, si par hasard je n'allais pas à Limoges ce soir.
Gros coup de bol pour lui, effectivement j'allais à Limoges ce soir.
Donc, en bref, il a fallu qu'il appelle sa femme de ménage en urgence pour qu'elle aille chez lui récupérer le double des clés. Puis qu'il m'explique où il habitait pour que j'aille chercher ce double. Puis que j'apporte sa clé à Limoges le soir. Et que je garde bien avec moi le tel portable pour qu'il puisse me joindre.
Ce que j'ai fait, morte de rire interieurement. J'imaginais tout au long du trajet le chambrage qu'il devait se prendre dans la figure par mon ancien dirlo. Et aussi le chambrage à venir par tout le Conseil d'Administration.
Après une bonne dizaine de coups de téléphone, je lui ai remis sa clé en main propre, à 23h30, sur le parking où il avait garé sa caisse. Inutile de préciser que j'étais attendue comme le Messie par lui et mon ancien dirlo, toujours aussi sympa en passant.
Quelques plaisanteries plus tard, j'ai fini par dire qu'il avait une assistante en or. Ce qu'il a approuvé.
Donc j'étais forcément OBLIGEE de répondre que ça tombait bien : j'attendais le bon moment pour négocier mon augmentation.
Ils ont rigolé mais après une seconde de battement. Je crois qu'il se sont demandés si c'était du lard ou du cochon.
Va savoir.
Ce qui est sûr par contre, c'est que je l'ai dans ma poche pour un bon petit moment.
Et ça, c'est une véritable délectation mentale.